CESSP - Centre européen de sociologie et de science politique


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Sociologie historique des sciences


Responsables : Loïc Blondiaux et Johan Heilbron


Cet axe fédère les recherches menées au CESSP sur l’histoire sociale des sciences humaines et sociales autour de deux projets collectifs : le projet collaboratif européen INTERCO-SSH, qui vise à constituer un domaine des « social science studies », et le projet d’une Encyclopédie des sciences sociales du politique du labex TEPSIS. Ces deux projets permettent de systématiser et de valoriser l’approche développée au CESSP qui, à l’opposé de la propension à isoler les pratiques scientifiques de leur environnement sociétal, prédominante dans les science studies, cherche à les réinscrire dans les conditions sociales, économiques et politiques dans lesquelles elles se déploient tout en prenant en compte les logiques relativement autonomes qui régissent ces univers, ce qui passe par une étude des agents et des institutions et non pas seulement des pratiques.

Cette approche s’articule ainsi avec la sociologie des intellectuels, la sociologie des élites et la sociologie de l’éducation. Elle recoupe les problématiques de la division sociale du travail et de l’internationalisation qui traversent les autres axes. C’est dans cette même perspective qu’est rattachée à cet axe l’analyse des transformations du champ médical, qui rencontre en outre nombre de préoccupations du projet européen sur l’histoire des sciences sociales du point de vue comparatiste et du point de vue de la circulation internationale des modèles. Ce rattachement permet aussi d’explorer les relations entre sciences sociales et sciences de la nature, notamment autour de l’enfance (pédopsychiatrie).

Le séminaire « Sociologie historique des sciences humaines et sociales » à l’EHESS est un lieu de rencontre et de discussion pour beaucoup de chercheurs qui sont rattachés à cet axe.

Cet axe se décline en plusieurs projets de recherche :


Sociologie historique comparée des SHS (projet européen INTERCO-SSH)

Le projet européen INTERnational COoperation in the SSH : Comparative Socio-Historical Perspectives and Future Possibilities (INTERCO-SSH), commencera en décembre 2012 pour une durée de quatre ans.
Coordonné par G. Sapiro, il associe six partenaires (Université de Cambridge en Grande-Bretagne, Université de Bologne en Italie, Université de Graz en Autriche, Université Erasme de Rotterdam, John Wesley Theological College en Hongrie, CONICET en Argentine).
L’advisory board compte : C. Calhoun (directeur de la London School of Economics), J.-L. Fabiani (EHESS), Y. Gingras (UQAM), I. Holtey (Université de Bielefeld), J. Jurt (Université de Freiburg), M. Lamont (Harvard), H. Nowotny (présidente de l’ERC).


Ce projet entend dresser un bilan de la situation des sciences humaines et sociales en Europe, afin de proposer des moyens d’améliorer la collaboration internationale et interdisciplinaire.
Pour ce faire, il se propose de comprendre l’état présent en l’inscrivant dans une analyse comparative des processus d’institutionnalisation des SHS dans six pays européens (Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Hongrie) de 1945 à nos jours et des échanges entre ces pays ainsi qu’avec les États-Unis, l’Amérique latine et trois pays du Sud. Les disciplines retenues sont l’économie, la sociologie, la démographie, la science politique, l’anthropologie, la philosophie, les études littéraires et la psychanalyse, ainsi que les études européennes et les gender studies.

Dans cette optique, le projet se structure autour de trois axes :


1. Processus d’institutionnalisation comparée de l’enseignement et de la recherche dans les pays et dans les disciplines sélectionnés
2. Une cartographie des circulations et échanges entre pays et disciplines
3. La circulation des paradigmes, théories et controverses


Présentation complète en PDF

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Encyclopédie des sciences historiques et sociales du politique (projet du Labex TEPSIS)


Le projet d’une Encyclopédie des sciences historiques et sociales du politique, co-dirigé par Frédérique Matonti et Bruno Karsenti, se situe en regard de trois entreprises internationales : le Geschichtliche Grundbegriffe autour de Koselleck ; la collection « Ideas in context », émanation de l’École de Cambridge pour l’histoire des idées politiques, et la Stanford Encyclopedia of Philosophy, centrale pour la philosophie analytique.

Fondé sur les méthodes des sciences historiques et sociales, il fera le point sur les avancées et les limites des savoirs.

Pour en savoir plus

Les enjeux de la modernisation de la médecine en France


La question de la spécialisation clinique, ou la modernisation « à l’américaine » d’une médecine française qui accusait un retard en matière de recherche médicale par rapport aux États-Unis et à l’Allemagne, renvoie aux transformations d’un champ où s’affrontaient un courant réformateur et des élites hospitalières dans leur majorité plus intéressées par le maintien de leur pratique privée que par la recherche.

C’est sur l’émergence d’une élite réformatrice que se concentrera l’analyse de P. Pinell et de son équipe, à travers une approche transversale de l’ensemble de l’espace hospitalo-universitaire.

Si les relations transatlantiques et le rôle des grands organismes de recherche publique ont déjà été mis en évidence, il s’agira d’analyser la restructuration d’un espace médical où les médecins dominants dans la hiérarchie hospitalo-universitaire étaient peu portés aux innovations scientifiques.
Le développement de la recherche a été porté par des groupes dominés qui avaient des compétences rares, acquises auprès de médecins ou chercheurs américains et anglais, et qui s’étaient engagés précocement dans la Résistance intérieure et/ou avaient rejoint les Forces Françaises Libres.

Au total, cet axe entend donc contribuer au renouvellement des science studies en ancrant véritablement l’analyse des pratiques scientifiques et de leurs évolutions dans leur environnement social, politique et économique, en interrogeant les rapports entres sciences sociales et sciences de la nature, et en développant les social science studies comme un domaine de recherche à part entière.

Présentation complète

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