CESSP - Centre européen de sociologie et de science politique


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2017

mis à jour le 28 septembre


Georgakakis, Didier, Palgrave Studies in European Political Sociology, 2017.

This book, part of the new wave of political sociology in EU studies, examines the dialectics of construction/deconstruction of the European civil service through a succession of empirically grounded case studies. Breaking with the usual representations of ‘Eurocrats’, it sheds light on a hidden aspect of the current European crisis : a crisis of social reproduction which affects the European civil service in a heavy context of management reforms, enlargements, institutional changes and the euro crisis. This in turn has a number of consequences in terms of internal tensions, power, and more broadly, the capacity of EU institutions to create convergence between diverging national and economic interests, and to embody a European future.

European Civil Service in (Times of) Crisis will be of interest to students and scholars across a wide range of disciplines, including politics, sociology and public administration, to practitioners working in and with the EU institutions, as well as those wishing to know more about the EU.

Didier Georgakakis is Professor of Political Science at the University of Paris 1 Panthéon-Sorbonne, France and Visiting Professor at the College of Europe, Belgium. He is co-editor of The Field of Eurocracy (Palgrave, 2013).


Philippe Aldrin, Nicolas Hubé, De Boeck, Paris, Septembre 2017.

Dans la conquête comme dans l’exercice du pouvoir, la communication occupe aujourd’hui une place cruciale. Chaînes d’information continue, réseaux sociaux, cotes de popularité, emballements médiatiques et stratégies d’influence des groupes de pression sont le nouvel horizon de l’activité politique. Si l’éloquence et le maniement ritualisé des symboles y sont toujours de mise, « bien communiquer » est devenu un impératif absolu dans les sociétés de l’information… voire de la sur-information.

Ce manuel expose tout d’abord le mouvement historique au terme duquel l’espace public, les médias de masse et la mesure de l’opinion sont devenus un enjeu central du jeu politique. En s’attachant à les remettre en contexte, il présente ensuite les évolutions d’une science de la communication politique née au croisement de la recherche universitaire, de la publicité des affaires politiques et de l’économie des médias. Enfin, il propose de suivre l’invention puis la consécration de nouveaux « métiers » – des spin doctors aux community managers – dans la division du travail politique.

Ponctué de définitions claires et d’exemples nombreux, cet ouvrage à l’approche inédite donne toutes les clés pour comprendre les formes historiques et immédiatement contemporaines de la communication politique.

Pour les étudiants et enseignants des 1er et 2e cycles en science politique et en sociologie ainsi que des formations supérieures en communication et en journalisme.

Philippe Aldrin est professeur des universités en science politique à l’Institut d’Études Politiques d’Aix-en-Provence où il dirige le laboratoire CHERPA-Sciences Po Aix.

Nicolas Hubé est maître de conférences en science politique à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et chercheur au CESSP où il codirige le master « Communication politique et institutionnelle ».

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Le PKK et la fabrique d’une utopie, Olivier GROJEAN, Paris, La découverte, septembre 2017.

Depuis quelques années, le PKK turc et le PYD syrien sont au centre de l’attention des gauches mondiales. Certains observateurs, comme l’anthropologue David Graeber, l’historien Immanuel Wallerstein ou le linguiste Noam Chomsky les considèrent comme une des rares lueurs d’espoir dans le chaos moyen-oriental et comparent leurs expérimentations politiques à celles des zapatistes du Chiapas. En effet, ces organisations apparaissent comme un point de convergence de nombreuses luttes « nouvelles » : le combat militaire contre l’« obscurantisme » de Daech ; une forme avancée de féminisme contre le « patriarcat » islamiste et traditionaliste ; une volonté de promouvoir un « confédéralisme démocratique » postmarxiste et libertaire ; ou encore une manière renouvelée de contester le capitalisme et le culte de la croissance, au profit d’une écologie radicale.

Pourtant, le PKK et ses organisations soeurs restent très méconnus. Fondé en 1978 et dirigé par son chef Abdullah Öcalan, emprisonné depuis 1999, ce parti radical, d’abord indépendantiste puis autonomiste, revendique s’être défait de ses oripeaux marxistes-léninistes pour développer une forme d’autogouvernement proche de la conception municipaliste de l’anarchiste américain Murray Bookchin. Qu’en est-il en vérité ? C’est ce que révèle ce livre essentiel – accessible, informé et distancié – sur la « révolution » en cours au Kurdistan.

Olivier Grojean est maître de conférences en science politique à l’université Paris 1 - Panthéon Sorbonne. Il est spécialiste de la question kurde, et en particulier du PKK.

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Gisèle Sapiro (Direction) Cécile Rabot (Direction), Paris, CNRS éditions, 31 août 2017.

Alors même que l’activité d’écrivain tend à se professionnaliser, les auteurs connaissent aujourd’hui une précarisation : rares sont celles ou ceux qui parviennent à vivre uniquement de leur plume. Certains exercent un autre métier plus ou moins lié à l’écriture (enseignement, édition, écriture de scénarios, etc.), qui est leur source de revenus principale. Pour d’autres, les activités connexes occasionnelles - lectures-débats, résidences, ateliers d’écriture - constituent une ressource économique de plus en plus importante.

C’est sur ces activités et les échanges quelles impliquent avec d’autres médias, théâtre, cinéma, musique, qu’est centré le présent ouvrage.

Quel est le rôle de ces interactions dans le processus de reconnaissance littéraire ? Comment s’articulent-elles avec l’écriture ? Comment sont-elles prises en compte et/ou en charge par les intermédiaires et représentants des écrivains : éditeurs, libraires, bibliothécaires, organisateurs de manifestations littéraires, sociétés d’auteurs ?
La première enquête de fond sur les conditions d’exercice du métier d’écrivain aujourd’hui en France.

Gisèle Sapiro est sociologue, directrice de recherche au CNRS et directrice d’étude à l’EHESS. Elle est notamment l’auteur de La Guerre des écrivains, 1940-1953 (1999) et de La Responsabilité de l’écrivain (2011).

Sociologue, Cécile Rabot est maîtresse de conférences en sciences de ¡’information et de la communication et responsable du master Métier du livre et de l’édition à l’Université Paris Nanterre La Défense. Elle est l’auteur de La Construction de la visibilité littéraire en bibliothèque (2015).


Claire Ducournau, Paris, CNRS éditions,
dans la collection « Culture & Société » dirigée par Gisèle Sapiro, mars 2017.

Comment une œuvre littéraire accède-t-elle au rang de « classique » lorsque son auteur est issu d’Afrique subsaharienne francophone, l’une des zones les plus déshéritées du monde selon les standards culturels internationaux ?
Ce livre, issu d’une thèse de doctorat réalisée au CESSP-CSE, propose une histoire sociale collective des écrivains issus de cette aire géographique depuis 1960. Il distingue deux protagonistes majeurs : des intermédiaires culturels (organisateurs de festival, éditeurs, agents littéraires), souvent français, et des auteurs nés et socialisés dans des pays d’Afrique subsaharienne francophone, dont les trajectoires sont situées les unes par rapport aux autres dans un espace littéraire africain en recomposition.

Nourri de nombreux entretiens, fondé sur le dépouillement d’archives inédites et sur une étude statistique, cette enquête décrit par quels mécanismes symboliques et matériels des écrivains sont devenus, sous différentes formes, des classiques africains.

Ancienne élève de l’ENS, agrégée de lettres et docteure de l’EHESS, Claire Ducournau est maîtresse de conférences dans le département de lettres modernes de l’Université Paul Valéry - Montpellier 3 et membre du RIRRA21.

On en parle :
Dans Le Monde des livres, « Le paradoxe des plumes d’Afrique », par Jean-Louis Jeannelle, 8 juin 2017

Sur France Culture, dans l’émission de Sylvain Bourmeau la « Suite dans les idées » le 10 juin 2017

Sur RFI, dans l’émission d’Yvan Amar, la « danse des mots » le 29 mai 2017, et prochainement, dans l’émission de Pierre-Edouard Deldique, "Idées’ le 18 juin 2017


Co-auteurs : Wilfried Lignier et Julie Pagis, Paris, Seuil, avril 2017.

De quelle manière les enfants appréhendent-ils les différences sociales qui constituent l’univers dans lequel ils grandissent ? Comment perçoivent-ils les inégalités, les hiérarchies, voire les clivages politiques qui le structurent ? À partir de quels critères en viennent-ils à se classer et à classer les autres ? Et d’où peuvent-ils bien tenir tout cela ?
C’est à ces questions qu’entreprend de répondre cette enquête sociologique inédite, menée deux années durant dans deux écoles élémentaires. Si les mécanismes de la socialisation enfantine sont souvent postulés, peu de travaux les ont réellement explorés. Wilfried Lignier et Julie Pagis identifient un phénomène de recyclage symbolique des injonctions éducatives, notamment domestiques et scolaires, que les enfants transposent lorsqu’il leur faut se repérer dans des domaines peu familiers.
Ces mots d’ordre deviennent ainsi des mots de l’ordre, employés par les enfants pour distinguer les métiers prestigieux des activités repoussantes, les meilleurs amis des camarades infréquentables, ou encore leurs partis et leurs candidats préférés quand surgit une élection présidentielle. Chacun trouvera sa place, du côté du sale ou du propre, de la bêtise ou de l’intelligence, des « bons » ou des « méchants ». Si bien qu’à travers la genèse de ces perceptions enfantines, c’est celle de l’ordre social lui-même que l’ouvrage retrace.

Wilfried Lignier est chargé de recherche au CNRS (CESSP, Paris). Il a notamment publié La Petite Noblesse de l’intelligence (La Découverte, 2012).

Julie Pagis est chargée de recherche au CNRS (IRIS, Paris). Elle a notamment publié Mai 68, un pavé dans leur histoire (Presses de Sciences Po, 2014).


Officiers. Des classes en lutte sous l’uniforme,
Christel Coton, Editions Agone, Marseille, 2017
« Quand tu es capitaine commandant, tu es propulsé. Tu es mis sur un piédestal en permanence. Mais le commandement, c’est du paraître. C’est du théâtre ! C’est que de la com’. Il faut attirer l’attention. Et ce sont les subordonnés qui en redemandent. Ils demandent que tu sois mégalo… un petit peu. Un chef, il faut que, de temps en temps, il pète un câble. Ils veulent un capitaine qui a de la gueule.
Ta modestie, ils n’en veulent pas… Ils veulent que de la gloriole ! Du foutre, de la glorio|e et(d% la fierté. » Alors que la lutte contre le terrorisme nous habitue toujours plus à la présence de militaires dans l’espace public, et que certains en appellent à l’armée pour « recadrer » et « remotiver » la jeunesse déshéritée, on sait en réalité bien peu de choses sur cette institution. Cet ouvrage, fruit d’une enquête par immersion en milieu officier, nous ouvre les portes d’un univers encore méconnu et en renouvelle les cadres d’analyse tout à la fois sociologiques et politiques. On découvre une institution étonnante traversée par des conflits et des rapports de force qui nous éclairent sur la violence ordinaire du monde social.
Pour une courte présentation vidéo de l’ouvrage, cliquez ici


La circulation des productions culturelles
Cinémas, informations et séries télévisées dans les mondes arabes et musulmans
Dominique Marchetti (dir.)
Description du Maghreb
Cet ouvrage a été dirigé par Dominique Marchetti avec la collaboration de Julien Paris.

Cet ouvrage analyse les enjeux (politiques, économiques, sociaux, religieux, linguistiques) du fonctionnement des univers culturels nationaux et transnationaux dans les pays des mondes arabes et musulmans.

Les auteurs s’appuient sur des enquêtes de terrain articulées autour de trois entrées. La première cerne les processus de transnationalisation culturelle en matière d’information, tout particulièrement le développement des chaînes panarabes d’information, les nouveaux rapports de force entre « grossistes » (agences de presse, etc.), l’émergence de médias en ligne et les acteurs transnationaux dans la formation des journalistes. Le deuxième volet appréhende ces logiques d’import-export à travers les programmes de télévision et le cinéma. Les films et les séries télévisées turques, l’émergence contemporaine de la production documentaire en langue arabe, les luttes politiques et religieuses autour des représentations visuelles des figures saintes de l’islam ou encore le poids de l’Inde et des Émirats arabes unis dans le marché cinématographique sont les terrains privilégiés. La troisième partie porte sur les politiques audiovisuelles et cinématographiques des États. Sont abordés successivement la diffusion des séries étrangères et nationales par les chaînes de télévision marocaines, les conditions de coproduction et de diffusion des films dits « du Maghreb » en France ou encore la création récente de deux instances de régulation des chaînes de télévision au Maroc et en Tunisie.

Au-delà des spécialistes, cet ouvrage s’adresse plus largement à tous ceux qui s’intéressent aux processus de transnationalisation culturelle.

Pour en savoir plus


Une génération sacrifiée ? Jeunes des classes populaires dans la France désindustrialisée
Stéphane Beaud et Gérard Mauger (dir.)
Postface de Florence Weber, 2017. Éditions Rue d’Ulm « Sciences sociales », 270 pages.

La massification scolaire, la désindustrialisation, les transformations du paysage politique et culturel ont provoqué une crise de reproduction de longue durée des classes populaires, dont les « jeunes des cités » constituent le point focal. Sans les exclure ni se réduire à leur cas, les enquêtes rassemblées dans ce livre analysent les inadaptations et les tentatives d’ajustement, les engagements et les désengagements, les espoirs et les déboires, les quêtes de compensation et les conversions, mais aussi les formes de reproduction au sein des nouvelles générations de jeunes des classes populaires. La menace du chômage, la précarité et le chantage à la docilité qu’elle permet, l’emprise des valeurs consuméristes, ont d’autant plus détérioré leurs capacités
de mobilisation que beaucoup se vivent comme « de passage ». Faut-il en conclure qu’à la culture de rébellion de la « génération ouvriérisée » des années 1970 s’opposerait aujourd’hui « l’individualisme négatif » d’une « génération désouvriérisée » ?

Stéphane Beaud est sociologue, professeur de science politique à l’Université Paris-Ouest Nanterre, chercheur à l’Institut des sciences sociales du politique (CNRS-Nanterre). Ses recherches portent sur les classes populaires, la démocratisation scolaire, les descendants d’immigrés avec un détour par la sociologie du football. Il a notamment publié, avec M. Pialoux, Retour sur la condition ouvrière (La Découverte-poche, 2011), Violences urbaines, Violence sociale (Fayard, 2003).

Gérard Mauger est sociologue, directeur de recherche émérite au CNRS, chercheur au Centre européen de sociologie et de science politique (CNRS-Paris I). Ses recherches concernent, pour l’essentiel, les générations et les âges de la vie (jeunesse), les pratiques déviantes et délinquantes, les classes populaires, les pratiques culturelles (lecture) et l’œuvre de Pierre Bourdieu. Il a récemment publié Lectures de Bourdieu (codir. F. Lebaron, Ellipses, 2012), Repères pour résister à l’idéologie dominante (Le Croquant, 2013), Lectures numériques. Une enquête sur les grands lecteurs (avec P. Gaudric et X. Zunigo, Bibliothèque du Centre Pompidou, 2014) et Âges et générations (La Découverte, 2015).
Avec la collaboration de Lorenzo Barrault-Stella, Thomas Beaubreuil, Clémentine Berjaud, Charles Berthonneau, Samuel Bouron, Vincent Burckel, Benoît Coquard, Pierig Humeau, Sophie Orange, Akim Oualhaci, Ugo Palheta, Martin Thibault.


Les classes populaires et le FN
un livre coordonné par Gérard Mauger et Willy Pelletier, Paris, Éditions du Croquant, janvier 2017

Les votes FN ne forment pas un « électorat », mais « un conglomérat ».

Dans ce « conglomérat » particulièrement volatile ne figure qu’un ouvrier sur sept, mais il inclut néanmoins une composante populaire qui n’est pas négligeable : plus de la moitié des votes FN se recrute chez les ouvriers et les employés (actifs ou retraités). Si ce vote FN d’une fraction des classes populaires – dont le premier parti est, et de loin, celui de l’abstention – ne surprend pas ceux qui les assimilent à la figure du « beauf » machiste et homophobe, raciste et xénophobe, il interpelle les autres. Les enquêtes ethnographiques rassemblées dans ce livre tentent d’élucider les raisons et les causes de ces votes populaires en faveur du FN. Que veut dire l’ouvrier ou la femme de ménage qui votent FN ? Un ouvrier qui vote FN est-il un « ouvrier raciste » et que signifie « raciste » dans son cas ? L’est-il au même sens qu’un aristocrate qui vote, lui aussi, FN ? Ces enquêtes portent à conséquences politiques : outre qu’elles invitent à rectifier la vision stéréotypée de « l’électeur FN », elles montrent que la lutte politique contre le FN peut prendre appui sur les contradictions latentes au sein de ce « conglomérat » pour travailler à son implosion.
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